• Et si le non-respect de nos ados envers nous venait de notre situation professionnelle ?

    Aujourd'hui, le travail n'est plus une source d'épanouissement

    Sûrement êtes-vous nombreux(ses) à travailler dans des conditions épouvantables en termes de relations humaines. J'entends par cela que, situation économique de notre Pays (avec son taux de chômage de plus de 10 %) aidant, les employeurs ont plutôt tendance à maltraiter leurs employé(e)s voire leurs cadres ! Et ce, aussi bien dans les PME / PMI que dans les entreprises de taille plus importante ou dans les administrations.

     

    Pour s'en convaincre, il suffit de reprendre les articles des médias traitant des suicides sur les lieux de travail, sujet dont je ne vais pas discuter ici vu que ce n'est pas l'objet de mon propos de départ. Conclusion : en plus du stress quotidien qu'il faut affronter pour tenter de faire face, il faut également subir les maltraitances verbales de ses supérieur(e)s hiérarchiques : menaces en tous genres, harcèlement, etc. Nos dirigeant(e)s se sont métamorphosé(e)s en véritables "négriers", insensibles aux conditions de travail qui se dégradent de jour en jour, à la maladie, à l'épuisement psychologique... Depuis plus de 5 ans, nous sommes dans l'aire du "marche ou crève" ; les employé(e)s sont considéré(e)s comme des "kleenex" qu'on utilise tant qu'ils sont vigoureux et qu'on jette sans remords dès qu'ils commencent à ne plus pouvoir absorber la charge dont on les accable. Il faut en effet faire face aux départs dits "volontaires" en retraite qui ne sont plus remplacés ! Il faut bien que le travail qui était effectué par ces personnes continue à se faire... sur celles qui restent ! Aujourd'hui, on ne parle même plus de faire le boulot de 2 personnes (non ! ça, honnêtement, avec un peu d'organisation, on y parvient aisément ! d'autant que lorsqu'on ne faisait que son propre travail, on ne s'imposait pas forcément un rythme soutenu toute la journée !) ; ni même de 3 (ça, c'est du passé ! c'était déjà pas facile !) ; Non ! on en est arrivé à avoir la plupart du temps 4 casquettes (non reconnues dans nos rubriques professionnelles apposées sur nos bulletins de salaires, bien sûr !) sur la tête... Donc, on est sollicité pour chacune d'elle ; plusieur(e)s supérieur(e)s hiérarchiques vous sollicitent pour une urgence (évidemment ! il faut se battre contre la montre pour tenter de préserver notre Société (sous peine d'être accusé(e) par un(e) supérieur(e) despote d'être la cause d'un licenciement collectif)  et combattre l'épée de Damoclès qui plane au-dessus de nos têtes et porte le nom de redressement judiciaire et/ou la liquidation. Lorsqu'on s'implique vraiment pour son entreprise, lorsqu'on y a passé de très nombreuses années et qu'on a connu des périodes fastes et épanouissantes (à l'époque où il existait une certaine reconnaissance du travail bien fait !), lorsqu'on est aujourd'hui confronté(e) au mal-vivre, au non-respect des autres, à la politique du "diviser pour mieux régner" ou "survivre envers et contre tous", on finit à la longue, et malgré tout, par baisser les bras et se comparer à Don Quichotte contre les moulins à vent ! Mais surtout, on devient aigri(e), on perd la confiance en soit, on baisse la tête en permanence et on rentre chez soi avec la colère au ventre, le besoin de se ré-affirmer face à quelqu'un ! et ce quelqu'un peut-être l'animal de compagnie, le(a) conjoint(e) ou... les enfants !

    L'image des parents pour leurs enfants

    Lorsque nous étions nous même enfants, nos parents représentaient pour nous (dans la plupart des familles) des remparts de solidité,  ceux par qui nous étions protégé(e)s tant qu'ils veillaient sur nous. Ils étaient nos guides, ceux qu'on s'appliquait à imiter jusqu'à l'âge dit "bête" de l'adolescence, celui où on doit "brûler ses dieux" pour s'affirmer ; mais, le plus souvent, on savait pouvoir revenir vers eux si on souhaitait retrouver la protection et l'amour. Ces parents-là, à nos yeux, étaient invincibles et possédaient nombre de réponses aux divers problèmes de la vie. Le plus souvent, le Père travaillait à l'extérieur et la Mère assurait notre éducation et l'entretien de la maison. Pour les familles rurales, lorsque les parents possédaient une ferme, les deux se répartissaient les tâches liées à l'exploitation et les enfants participaient sous forme de corvées mais étaient élevés dans le RESPECT et, principalement, celui de leurs aînés.

    Lorsqu'on est brimé(e), humilié(e) professionnellement, peut-on encore se faire respecter de ses enfants ?

    Qu'en est-il aujourd'hui ? eh bien, les piedestaux sont tombés et les "Dieux" ont été brisés. Maladies de toutes sortes, stress et chômage ont -je l'ai dit- dévalorisé l'image des adultes, des parents. Aux yeux de leurs enfants, ils apparaissent parés de doutes, d'inquiétudes constantes voire de peurs pour leur avenir à tous et, surtout, fragiles, vincibles et humiliables... Françoise Dolto elle-même, la célèbre pédiatre et psychanalyste (aujourd'hui, on dit "pédopsychiatre") disait "un père ne doit pas être humiliable". Pourtant, les médias les imprègnent de preuves, de témoignages, leur démontrant la fragilité des adultes et,  à la maison, ils s'aperçoivent que leurs parents sont comme tous ceux qu'on affiche avec leur mal-être. Alors, comment respecter de tels parents qui, au final, doivent obéissance tout comme eux à d'autres adultes plus forts qu'eux, qui doivent craindre les punitions tout comme eux ? Fini le temps où les jeunes enviaient leurs parents et se chamaillaient entre eux à savoir lesquels  étaient les meilleurs ou les plus forts ! Aujourd'hui, il n'est pas rare que l'un(e) de nos enfants critique et déprécie notre métier, s'indigne du petit salaire qu'on rapporte à la maison ("tu as un boulot de m...e et gagne une misère" !). On se retrouve dans un rapport de force permanent ou l'adolescent(e) se sent notre égal(e) et n'accepte pas qu'on lui impose des règles alors que soi-même on doit obéir... Comment peut-on, au final, l'en blâmer ?

    Où se trouve le remède ?

    Et, surtout, comment peut-on réinstaurer le RESPECT dans le quotidien professionnel et faire en sorte que "hiérarchie" ne rime plus avec "supériorité" et "despotisme" ? Comment peut-on arriver à faire comprendre aux dirigeants qu'on ne peut combattre une crise efficacement en instaurant entre les employé(e)s la haine et la peur mais en créant au contraire une atmosphère d'écoute, de partage et de communication ? Comment faire entendre que des individus qui s'épanouissent dans leur vie professionnelle auront une vie sociale et familiale tout aussi épanouie et qu'ils pourront accompagner leurs jeunes sereinement et efficacement pour qu'ils deviennent à leur tour, un jour, des adultes dignes, respectables et respectés ?

     


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