• ET PATATRA ! Tout s'écroule ... quand le sport fait souffrir !

    Bouh ! quel week-end que celui qui vient de passer ! Et quel début de semaine, entre colère(s), doutes, craintes, moral dans les chaussettes (en fait, non... dans l'attelle plutôt...) 

    Nous étions, ma fille et moi, depuis plusieurs semaines, à "discuter" :  "feras / feras pas", dimanche prochain, le concours d'Equitation dont elle rêvait tant !

     ( pensez - donc, son tout premier !  histoire de tester ce qu'elle vaut ! j'avais fini par revenir sur ma position initiale qui consistait à dire que "les concours, c'est pas pour nous, quels que soient ses résultats en selle). Pourquoi tant de discussions : parce que l'Equitation, quoi qu'on veuille bien en dire, c'est un sport de luxe (comme le tennis et bien d'autres) et, sur un salaire unique de simple employée... eh bien, faut vraiment aimer ses enfants pour accepter de faire autant de sacrifices autour ! Malgré moi donc, j'avais soufflé le chaud puis le froid ! Finalement, au dernier moment, voyant les efforts que faisaient ma grande, le bienfait que lui apportait son sport dans sa personnalité et dans sa prise de confiance en elle, même au collège, je venais de lui dire que je me débrouillerai comme je pourrai mais qu'elle le ferait ! Il faut bien avouer que je culpabilisais un max' de ne pouvoir soutenir ma fille dans ses efforts, sa lutte pour prouver qu'elle pouvait exister dans ce monde réservé à une élite... du moins financière ! De plus, elle ne faisait qu'appliquer mes conseils : ne pas se laisser "écraser" par ceux qui ont l'argent (et pas forcément le talent) ! se battre pour se faire une place au soleil, du moment qu'elle a les moyens personnels pour réussir ! Pour mieux comprendre le problème que nous affrontions : le prix exact ne nous avait pas encore été communiqué mais on nous avait annoncé, pour l'engagement, environ  30 ou 35 €... pour un passage (et oui, il faut compter l'inscription mais aussi le transport et la "location" du cheval -bien sûr, malgré que ce soit son rêve, on n'imagine pas qu'elle ait son propre compagnon-) ; mais ce n'est pas tout : son club lui imposait, pendant les vacances scolaires (donc, en fin de cette semaine), un minimum de 2 après-midis, à chacun 38 €, pour se préparer spécialement en CSO (saut d'obstacles) ; en effet, ce ne sont pas les leçons hebdomadaires, plus généralistes, qui peuvent préparer  un compétiteur (ou une compétitrice) ! Donc, faites le calcul :  38 € x 2 (et encore, nous avions de la chance, le stage de préparation est de 3 après-midis...) + environ 30 € et nous dépassions déjà les 100 € juste pour un passage de.... quelques minutes ! (bien sûr, en plus des 120 € de forfait pour un intervalle entre 2 séries de vacances scolaires, soit 9 samedis !). Bon, je passe ici mes sempiternelles jérémiades sur le fait que soit on est riche et on peut tout faire, tout obtenir, soit on est simple employé(e) ou ouvrier(ère) et on n'est rien, on a juste le droit de payer et se taire !

    Donc, j'en reviens à samedi, en début d'après-midi, je dépose ma cavalière à son club pour sa dernière leçon avant les vacances ! Elle est radieuse, elle peut enfin annoncer à ses camarades qu'elle s'est réinscrite au tableau pour le concours de dimanche prochain, elle sera donc avec eux ! En général, alors que son cours est à 14 h et dure 1 h, elle me demande de rester avec ses amis jusqu'à 17 h minimum donc... je repars et la laisse pour vaquer un peu à mes propres occupations ! Et là, vers 15 h, premier appel : "Maman, je t'appelle pour te dire que tout va bien  mais je suis tombée de cheval ! rien de grave ! je suis au club-house avec mes ami(e)s ! t'inquiète pas ! je veux rester !" Moins d'une heure après, second coups de fil : "Maman, en fait, tu peux venir me chercher ! j'ai mal...". Et là, j'apprends que, en fait d'être tombée une fois, elle est tombée 2 fois, sur les barres d'un obstacle et a trouvé le courage de remonter une troisième fois, juste pour le poney (oui, en fait, elle montait un "double-poney") car on ne doit pas laisser un cheval / poney sur un refus pour ne pas le "casser", il faut le "pousser" ! Et, de fait, à la troisième reprise, il a fini par sauter ! Sauf que ma fille, elle, après avoir une première fois atterri le "derrière" sur la barre, la seconde fois, le genou, avait un énorme hématome qui s'était formé sur une bonne largeur autour dudit genou et commençait à en souffrir, malgré l'intervention d'une maman qui lui avait aussitôt donné de l'arnica en granules ! Je passe sur les détails qui font que la prise en charge par son centre était inexistante et je me précipite, armée moi-même de granules d'arnica et de pommade pour lui appliquer dès mon arrivée. Devant les couleurs de sa jambe et le petit oeuf de pigeon que je distinguais aisément sur le côté de sa rotule, je pris la décision de l'amener à l'hôpital mère-enfant (annexe du CHU) pour nous rassurer ! à ce moment précis, pour nous, elle marchait, certes en boitant mais cela ne semblait présager rien de grave...

    Arrivée aux urgences pédiatriques, c'était l'effervescence et la cohue ! entre les bébés ou très jeunes enfants atteints de la grippe, ceux qui avaient visiblement chuté également ou s'étaient cognés, les salles d'attentes étaient pleines et les salles d'examens avaient du mal à se libérer pour l'enfant suivant ! conclusion : plus de 2 h 30 aux urgences malgré un personnel visiblement "dépassé" par la foule, mais toujours souriant et chaleureux ! (là, je leur "baisse mon chapeau" !). Après plusieurs "visites" demandant des explications sur le motif de sa présence, plusieurs questions tentant à cerner "les dégâts", est arrivée une interne qui, d'emblée, sans même avoir examiné ma fille, lui a déclaré que, en fait, soit elle avait une entorse du genou et c'était 6 semaines d'immobilisation dans une résine, soit elle avait une fracture et c'était 8 semaines d'immobilisation, du pied au haut de la cuisse, dans un plâtre... Bonjour le côté pédopsy. de la demoiselle qui, visiblement, ne savait pas ce qu'était la fragilité d'un(e) adolescent(e) ! et de sa mère suffisamment inquiète par l'absence de soins préalables à son arrivée (pas de glace à appliquer pour limiter l'hématome et l'enflure, notamment) ! Donc, direction la radio pour en savoir davantage ! (il est des moments où on gagnerait à se taire et attendre d'abord un examen avant de donner un diagnostic !). Retour à la chambre avec la radio ; à nouveau longue attente avant que la porte s'ouvre pour faire place à la "fameuse" interne. Elle prend la pochette de la radio, la sort, l'affiche sur le panneau lumineux et explique qu'elle n'est pas sûre de son diagnostic : en présence d'un cartilage de croissance, il faut rester prudent et être véritablement "spécialiste" pour apprécier la situation ! Elle nous fait voir un petit renflement sur le bord de l'os et nous explique qu'il peut s'agir d'une petite fracture mais qu'elle demandera l'avis du chirurgien orthopédique à l'issu du week-end ! Et qu'elle nous rappellera s'il y a véritablement fracture, pour qu'on revienne et qu'un plâtre soit posé ! Précision supplémentaire : "Je vous rappelle... (plus bas) si j'y pense..." Bref, elle nous établit une ordonnance pour une attelle et du doliprane, en attendant mieux éventuellement ! Et nous donne un document en nous entourant la nécessité de prendre un nouveau RV radio dans 21 jours pour contrôle au motif que "on ne prend pas de risque avec un genou" (alors là, j'avais l'impression que c'était déjà chose faite en nous laissant repartir "sur nos 2 pieds"). Et nous sommes rentrées à la maison avec, pour ma grande : la déception profonde et la colère contre "cette vie de merde" de ne pas pouvoir participer au concours pour lequel on avait pourtant encouragé les camarades qui n'avaient pas prévu de le faire au début ; l'angoisse et la crainte du pire, c'est-à-dire avoir à supporter ce plâtre complet pendant 8 semaines avec toutes les conséquences que cela allait avoir dans la vie de tous les jours, la scolarité, la reprise (bien plus tard) d'une activité sportive.... 

    Et comme "maman" refuse de baisser les bras définitivement avant plusieurs avis, elle a fait réexaminer la radio par son  kiné et ami de longue date qui lui a conseillé de rappeler le CHU pour demander l'expertise indispensable du chef de service chirurgie orthopédique pédiatrique (lui aussi avait des craintes sur ce qu'il voyait !) qui, lui-même, est un ami d'enfance à lui. Le motif : si l'interne se plantait, si le cartilage de croissance était véritablement atteint, la croissance pouvait justement s'interrompre et, au bout du compte, ma fille pouvait se retrouver avec une jambe plus courte que l'autre ! Imaginez les remords d'une mère face à une telle situation... Je n'avais pas envie d'avoir ça sur la conscience et regretter de ne pas avoir tout tenté pour que ma fille n'ait pas de séquelle !

    Donc, bagarre au téléphone le lendemain matin (du bureau ! dans ces cas-là, ma fille passe avant tout!) pour finir par obtenir que la radio soit soumise à ce "grande ponte" ; promesse d'une tentative et d'un rappel éventuel... qui a fini par arriver lundi fin d'après-midi : OUF ! confirmation ! les 2 chefs de service ont vu la radio et on en reste à l'attelle jusqu'au 18 mars, date de la radio de contrôle. Entre temps, il m'a fallu retourner à l'hôpital en débauchant lundi soir pour récupérer une prescription que l'interne avait omis de nous faire pour la prochaine radio... et appeler notre médecin traitant pour qu'il nous fasse une ordonnance (que l'interne avait également oubliée) pour des béquilles ! Sans parler, j'oubliais, la course, dimanche matin, à la pharmacie de garde (à une dizaine de kilomètres de chez nous) pour se procurer l'attelle, mais, seulement après avoir fini par faire les courses pour manger cette semaine...

    Voilà ! maintenant, ma fille se traîne du canapé à la table avec toujours une chaise à portée de jambe pour la tenir allongée ! peste lorsqu'elle doit aller aux WC ou prendre sa douche ... Evite de poser son pied au sol pour ne pas appuyer sur sa jambe !  Mais, au final, elle s'est fait une raison (au début, elle voulait poser son attelle et faire quand-même son concours dimanche, malgré tous les risques qu'elle encourrait !), arrive à occuper son temps entre ses révisions et son ordinateur ou la télé ! Elle SAIT ! elle a compris ! Je lui ai expliqué que ce qui lui arrive est souvent le lot des grands sportifs, que certains ratent même des jeux olympiques sur une blessure et que, dans ce cas, ils pouvaient même ne plus voir l'occasion se représenter ! Elle, sauf contre-indication lors de la radio de contrôle (mais on n'y pense même pas !), elle va pouvoir remonter dès avril, devra à nouveau se concentrer pour retrouver son "assiette" (mais ça ira très vite car elle a un don, véritablement !) et, d'ici le mois de mai, pour son anniversaire, on pourra envisager un nouveau concours (sauf nouveau "souci" bassement matériel ! mais la vie des "petites gens" est ainsi faite, sans savoir quelle tuile risque tomber d'ici le lendemain !). Mais elle le sait (on en a connues d'autres), ma "Petite Mère Courage" !      


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